10 juin : Journée de la réaffirmation des droits argentins sur les Iles Malvinas, Géorgies du Sud et Sandwich du Sud ainsi que sur les espaces maritimes environnants
Buenos Aires, le 10 juin 2026
197 ans après le 10 juin 1829, le Gouvernement et le peuple de la République argentine commémorent un nouvel anniversaire de la création de la Commandance politique et militaire des îles Malvinas et des îles adjacentes au cap Horn, jalon fondamental dans l'affirmation historique, juridique et politique de nos droits souverains dans l'Atlantique Sud.
Cet acte, décidé par Martín Rodríguez, gouverneur de la Province de Buenos Aires, a officialisé la structure gouvernementale argentine dans l'archipel. La nomination de Luis Vernet en tant que premier Commandant politique et militaire a constitué un exercice effectif de souveraineté, comprenant l'adoption de réglementations relatives aux ressources halieutiques, l'octroi de concessions foncières ainsi que l'établissement d'une population civile stable qui vivait, travaillait et construisait une communauté sous autorité argentine.
Cet exercice n'est pas né en 1829. Il fut précédé par des années de présence argentine pacifique, publique et continue dans l'archipel. Les îles Malvinas sont passées sous notre souveraineté dès les premiers jours de la Patrie, le 25 mai 1810, lorsque notre pays constitua son premier gouvernement national et rejoignit le concert des nations. Depuis cette date fondatrice, l'Argentine a hérité, par succession d'États et conformément au principe de l'uti possidetis juris, des titres territoriaux qui appartenaient jusque-là à l'Espagne sur le territoire de la Vice-royauté du Río de la Plata.
Les premiers gouvernements patriotiques, conscients que les îles Malvinas font partie intégrante du territoire national, ont adopté des actes administratifs attestant l'exercice de leur juridiction sur l'archipel. Le droit argentin a commencé à s'appliquer dans les îles Malvinas comme expression concrète d'une souveraineté exercée dans les faits et fondée en droit.
Par la suite, en 1820, le colonel de la Marine argentine David Jewett fut officiellement envoyé aux îles Malvinas afin d'en prendre possession au nom des Provinces-Unies du Río de la Plata. Lors d'un acte public et solennel, il y hissa pour la première fois notre pavillon national. A partir de ce moment, l'Argentine maintint une présence effective dans l'archipel. Des autorités furent désignées, les premiers colons arrivèrent et les îles ont abrité un établissement humain prospère et dynamique, sous une administration argentine qui favorisait le travail, le développement économique et la vie en communauté dans les conditions exigeantes de l'Atlantique Sud.
Cet exercice légitime de souveraineté fut interrompu par la force le 3 janvier 1833, lorsque des troupes britanniques expulsèrent les autorités et la population argentines et portèrent atteinte à l'intégrité territoriale de notre pays. Après avoir consommé cette usurpation et déplacé les habitants argentins, le Royaume-Uni mit en ouvre une politique d'implantation de population destinée à consolider la domination coloniale d'un archipel situé à plus de 12 000 kilomètres de la métropole.
Les habitants actuels de l'archipel appartiennent à cette population britannique implantée, qui ne se distingue ni ethniquement ni culturellement de la population métropolitaine. Contrairement aux cas classiques de colonialisme, dans lesquels un peuple préexistant est soumis à la subjugation, à la domination ou à l'exploitation par une puissance administrante, il n'existe pas, dans les îles Malvinas, de peuple soumis dans ces termes. C'est pourquoi la communauté internationale n'a jamais reconnu aux habitants des îles la qualité de « peuple ». L'Argentine a, parallèlement, maintenu et continue de maintenir une attitude constructive à leur égard, dans le respect de leurs intérêts et de leur mode de vie, conformément à la Première disposition transitoire de notre Constitution nationale.
Depuis cet acte de force, notre pays a maintenu une revendication permanente en faveur de la restitution du territoire usurpé, qui n'a jamais cessé d'appartenir au peuple argentin. Dans cette quête constante visant à faire valoir ses droits légitimes, la République argentine continue de recevoir le soutien de la communauté internationale dans sa juste revendication pour la fin du colonialisme sous toutes ses formes. La résolution 2065 (XX) de l'Assemblée générale des Nations Unies, adoptée en 1965 sans aucun vote contre, reconnaît l existence d'un différend de souveraineté et exhorte l'Argentine et le Royaume-Uni à engager des négociations afin de parvenir à une solution pacifique et durable. Cet appel a été réitéré dans neuf autres résolutions de l'Assemblée générale et l'est chaque année au sein du Comité spécial de la décolonisation des Nations Unies, ainsi que dans des déclarations de forums régionaux et multilatéraux, notamment l'Organisation des États américains et le MERCOSUR.
Le Gouvernement argentin rappelle également que cette année marque le 50e anniversaire de l'adoption de la résolution 31/49 par l'Assemblée générale des Nations Unies, laquelle invite les parties au différend à s'abstenir d'introduire des modifications unilatérales dans la situation tant que les îles demeurent soumises au processus de négociation prévu par les résolutions pertinentes des Nations Unies. En conséquence, toute activité unilatérale d'exploration ou d'exploitation des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables dans les zones soumises au différend de souveraineté est contraire au droit international et porte atteinte au processus de négociation promu par la communauté internationale.
Cette résolution revêt aujourd'hui une importance particulière, quelques mois après la prétendue « décision finale d'investissement » annoncée par les titulaires de licences illégitimes Rockhopper Exploration PLC, d'origine britannique, et Navitas Petroleum Development and Production Limited, d'origine israélienne, pour le développement du gisement « Sea Lion » dans le bassin Nord-Malvinas, au large des îles Malvinas, sans disposer des autorisations de l'autorité argentine compétente. Comme l'a réaffirmé le Président de la République, Javier Milei, l'Argentine agira avec fermeté face aux activités unilatérales et illégitimes visant à s'approprier des ressources appartenant aux Argentins. Toute exploration et exploitation unilatérales dans les zones soumises au différend de souveraineté sont contraires à la résolution 2065 (XX) ainsi qu'aux résolutions concordantes de l'Assemblée générale et du Comité spécial de la décolonisation. Elles constituent en outre une action unilatérale et illégitime du Royaume-Uni, incompatible avec les dispositions de la résolution 31/49 de l'Assemblée générale.
Ce 10 juin, avec la pleine conviction que la voie diplomatique constitue l'unique moyen possible de recouvrer l'exercice effectif de ses droits souverains légitimes - objectif permanent et inaliénable du peuple argentin consacré dans notre Constitution nationale -, la République argentine réaffirme une nouvelle fois sa souveraineté sur les îles Malvinas, les Géorgies du Sud, les Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants, le tout faisant partie intégrante de son territoire national.
A cette date de profonde signification pour tous les Argentins, le Gouvernement national renouvelle son engagement inébranlable envers la Question des Malvinas. L'Argentine ne renoncera pas à sa revendication et continuera d'utiliser tous les moyens pacifiques à sa disposition afin que, dans le cadre du droit international, le Royaume-Uni accepte de reprendre le dialogue bilatéral sur la souveraineté, comme l'exige la communauté internationale, et de mettre fin une fois pour toutes à cette situation coloniale anachronique.
Par l'histoire, par le droit et par conviction : les Malvinas sont argentines.
